Violences électorales à N’Zérékoré : les émissaires du chef de l’Etat à la rencontre des communautés

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Pour ramener une paix durable dans la capitale de la Guinée forestière après les violences électorales qui avaient fait plus de 30 morts, les émissaires du Président de la République notamment des natifs de la région sont à pied d’œuvre pour renforcer la cohésion entre les communautés Kpèlè et Konia.

Après avoir rencontré la communauté Kpèlè ce week-end, les jeunes de Konia ont été reçus par cette délégation présidée par Augustin, superviseur général à la société guinéenne de pétrole. C’était en présence de la première autorité de la Coordination Manoh El hadj Sokoupé Damé.

Le porte-parole des jeunes de Konia Mamady Top Kourouma, prenant la parole, a remercié les émissaires du Président avant de promettre que plus jamais la région ne sera le théâtre des violences.

« Vous avez consulté toutes les communautés pour mettre fin à toutes les hostilités.

De par ma voix et celle de tous ces jeunes leaders de Konia, devant vous, nous vous assurons et le Président qu’il n’y aura plus de conflits meurtriers dans notre belle cité. Le plus souvent et tout récemment nos conflits sont liés aux rumeurs. Et ça, nous avions pris déjà les dispositions pour ne pas donner la force à ces rumeurs qui ont rendu aujourd’hui notre région la plus pauvre du pays.

Je pense que le Président a fait un bon choix, car les messagers doivent être les personnes ressources qui sont écoutées et doivent mériter la confiance des communautés. Devant tous ces sages présents, nous vous donnons notre engagement de dire au Président que notre région sera désormais un havre de paix », a rassuré Mamady Top Kourouma.

De son côté, la première personnalité morale de la communauté Manoh dans le pays s’est dit réjoui de cette déclaration des jeunes du Konia avant de les inviter à plus de responsabilité pour prévenir les conflits.

« Quand ça ne va pas, c’est vous les jeunes, parce-que ce sont les jeunes qui s’entre-tuent en général. La forêt nous appartient tous, et faisons de sorte qu’elle soit préservée ; ce bijou.

En tant que sage, nous ne pouvons que vous dire d’être pacifiques. Voyez cette région ces derniers temps, à cause des tueries qui n’ont pas de fondements, tous les investisseurs ont fui notre ville.

Il faut que nous nous acceptions dans nos différends pour faire avancer cet héritage laissé par nos devanciers. Ceux-ci ont accepté de vivre ensemble et sortir ensemble », conseille Elhadj.

Très ému par ces déclarations, Augustin Maomy a félicité ces jeunes pour s’être inscrits dans la logique de la paix.

« Les messages sont compris de part et d’autre. La paix c’est le cœur, c’est dans nos comportements et les actes que nous posons tous les jours.

Je suis content de ces messages francs qui pourront permettre à notre région de se doter d’une nouvelle image.

Le Président recevra le compte-rendu fidèle de tout ce qu’on s’est dit.

Konia et Kpèlè sont une même famille. De par le passé, plusieurs pactes comme celui de Moussadou ont été scellés pour la cohabitation pacifique entre ces communautés. Alors faisons en sorte que ces pactes soient respectés pour l’émergence de notre région. Qui parle de développement parle d’abord de paix et la stabilité », ont enseigné les émissaires par la voix d’Augustin Mamy.

Après s’être entretenue avec ces jeunes de Konia, la délégation a rallié la route de la sous-préfecture de Kobéla pour les mêmes objectifs, transmettre les messages de paix dans la région.

Il faut rappeler que la région forestière est devenue un champ de conflits intercommunautaires.

De 1991 à nos jours, d’après nos informations, plusieurs violences meurtrières dont les dernières datent de la semaine écoulée, ont fait 4 morts dans la sous-préfecture de Koyama à Macenta.

Amara Souza Soumaoro, correspondant à N’Zérékoré

 

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