Yimbaya : un drame, des larmes et une forte émotion

Print Friendly, PDF & Email

Le dimanche 15 novembre 2020, un incendie a tué une femme enceinte de 8 mois, sa fillette de 3 ans et sa petite sœur. Le drame a eu lieu au petit matin, au quartier Yimbaya non loin de la base militaire, dans la commune de Matoto. La victime Alexis Ousmane Diallo n’est pas prête à s’en remettre. Le pauvre homme a vu son monde s’effondrer en un instant.

Sur les lieux ce lundi matin, nous remarquons que le périmètre a été bouclé par les forces de l’ordre qui n’avaient pas encore fait leur constat, nous confie un ami de la victime, Kaba Traoré.

Sur l’origine de l’incendie, il semble que ce soit dû à un court-circuit. Le sinistre qui s’est produit à l’aube se serait passé en l’absence de Monsieur Alexis Ousmane Diallo alors que ce dernier était en route pour un rendez-vous à Dubréka. C’était aux environs de 7 heures du matin…

« Comme Alexis Ousmane Diallo, il est très matinal, il avait un rendez-vous avec son patron Antonio Souaré jusqu’à Dubréka parce qu’il est Directeur Général d’un hôtel ou deux comme ça d’Antonio Souaré. Il devait être matinal. En partance pour Dubréka, arrivé à Kagbélen comme ça, tout de suite la maison a pris feu. Il y a eu des appels. On l’a appelé de venir avec insistance des voisins, il ne pouvait plus continuer. Il était obligé de rebrousser chemin et venir. Il a trouvé que la maison a pris feu. Il a voulu forcer la porte pour entrer mais les gens sachant qu’il ne pourrait pas s’en sortir ils l’ont saisi. Il a compris que vraiment ça ne va pas, il a piqué crise en même temps. C’est ce qui a coïncidé avec moi, mon arrivée. Comme moi, je suis à côté c’est ma femme qui m’a réveillé pour me dire que la maison de ton ami a pris feu. Aussitôt je suis descendu de l’étage, j’ai vu une femme de passage en train de pleurer que tous ceux qui étaient dans la maison sont morts. Moi-même j’ai failli tomber, et ma femme m’a dit heureusement, c’est ton ami qui est là comme ça, lui il a piqué crise il n’était pas dans la chambre. J’ai traversé, j’ai pris mon ami avec l’aide des jeunes, on l’a mis dans ma voiture pour aller à l’hôpital », nous explique Kaba Traoré. 

Immédiatement conduit à l’hôpital de la base militaire, Alexis Ousmane Diallo ne cesse de demander après sa femme et sa fille. Heureusement il sera maîtrisé et sensibilisé par les médecins et son ami avec le concours d’un imam.

« À chaque fois il me demandait où est ma fille, ma femme. Je dis non elles n’ont rien de grave, elles sont déjà à Ignace Deen. Ta femme a eu un peu de blessure sur son bras et ta fille a été sauvée par sa maman sous ses aisselles et la petite sœur de ta femme a eu quelques égratignures sur sa jambe mais ça va mieux. Elles sont à l’hôpital. Donc avec les médecins de la base militaire, on est parvenu à le soulager sinon il était sous le choc, pourtant les corps étaient dans la cour de la base militaire. On les a transportés discrètement à Ignace Deen mais malheureusement, arrivée à Ignace Deen il n’y avait pas de place à la morgue. Heureusement, il y avait de la place à l’hôpital sino-guinéen, on a transporté les trois corps là-bas. On ne pouvait pas les dévisager parce qu’ils étaient calcinés complètement, on ne pouvait même pas les laver avant de faire la levée du corps. On les a mis dans le même plastique d’abord et avant l’arrivée des autorités, comme la femme est chrétienne on a fait appel à un prêtre et les deux enfants on a prié sur eux à travers un musulman et le prêtre a prié séparément sur le corps de la femme vers les 17 heures. C’est de là-bas maintenant qu’on est parti au cimetière de Kaloum pour les enterrements », a retracé notre interlocuteur. 

Les condoléances d’usage se poursuivaient dans la famille mortuaire. En attendant la victime ne peut toujours pas retenir ses larmes. 

Maciré Camara 

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.