« Zénabgate »: Messieurs du Trésor, dites toute la vérité !

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Une publicité dont se serait passé le gouvernement de Kassory Fofana. L’affaire des 200 milliards de francs guinéens qui agite la cité -imputée à la ministre de l’Enseignement technique, de la formation professionnelle et de l’Emploi Zénab Nabaya Dramé- se transporte finalement au très convoité Trésor. Le ministre du Budget Ismaël Dioubaté a, dans un exercice fastidieux, tenté de défendre l’équipe gouvernementale du « Zénabgate ».

Le ministre qui- il faut le noter- a osé l’exercice très périlleux a comme refilé le bébé à la Direction Nationale du Trésor et de la Comptabilité Publique. Dans ses explications, hier, face à la presse, Ismaël renvoie l’opinion dans les petites affaires du trésor. D’abord à propos des 43 milliards francs guinéens. Mais, aussi des 35 milliards destinés à l’équipement des centres de formation professionnelle de Siguiri, Kankan, Kouroussa et N’zérékoré. Il dit la main sur le palpitant que ces montants n’ont pas atterri dans les comptes ni dans le portefeuille de Zénab, encore moins dans les poches de ses soutiens. Dieu seul sait qu’ils sont nombreux. En Guinée, pays de ‘’commissions et rétrocommissions’’, est-il possible de garder longtemps de l’argent dans le coffre-fort alors que le marché est en cours d’exécution ?

Autre zone d’ombre, le ministre du Budget dit que la rubrique « autres produits spécifiques » n’a pas besoin d’être étayée. A l’en croire, « dans la nouvelle nomenclature, cet agrégat a été réservé par certains départements ministériels tel que : l’élevage, l’agriculture et l’enseignement technique, qui utilisent les matières d’œuvres. C’est-à-dire, les réactifs, les petits outillages. C’est ça le sobriquet, autres produits spécifiques. Mais dans la comptabilité, on peut les détailler » (sic).

Plus loin, le ministre pour appuyer son argumentaire, parle de l’augmentation de l’effectif des candidats à l’examen au niveau de l’Enseignement technique, des superviseurs et des correcteurs pour cause de covid-19.

“A titre illustratif, l’enseignement technique pour chaque salle d’examen mettait 30 candidats par salle en 2019. Pour respecter les barrières sanitaires, on a mis 15 candidats par salle. Ce qui signifie automatiquement que le nombre de centres va augmenter par deux ; on va augmenter le nombre de correcteurs par deux ; on va augmenter le nombre de superviseurs par deux. Et l’autre aspect, c’est que les surveillants qui devaient aller à l’époque pour surveiller les examens, ont demandé de rehausser un tout petit peu les primes de transport. Parce qu’à l’époque, on disait qu’on prenait 3 par taxi. C’est ce qui a amené à accorder un crédit supplémentaire de 15 milliards à l’enseignement technique, qui fait 43 milliards et quelques. Je tiens à préciser que l’activité n’est même pas exécutée totalement. Parce que la première phase des examens a été effectuée au mois de juillet et la seconde phase va être au mois de décembre, pour les concours d’entrée. Donc les 43 milliards ne sont mêmes pas encore totalement dépensés. Parce que l’activité est en cours », explique le ministre, en compagnie de ses collègues du Plan, de l’Economie et des Finances et du gouverneur de la banque centrale . A bien scruter les dits du ministre, l’on a comme l’impression qu’il est plus dans les papiers que dans la réalité du terrain. Allez comprendre !

Cette sortie du ministre –accusé par la presse d’être l’autre grand complice de dame Zénab- ouvre la voie à toutes les spéculations. Au Trésor donc public d’aider à trouver le bon bout. Comme le dirait l’autre : qui a le trésor public remporte la bataille des 200 milliards francs guinéens. Et dire que le Premier ministre Kassory a été le tout premier à donner un coup de pied dans la fourmilière fait déjà frémir…

Noumoukè S.

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